Bien enroulée dans mes couvertures, protégée par la chaleur enveloppante d’un sommeil qui aurait voulu ne jamais finir, j’écoute les bruits de mon quotidien. Déjà l’effervescence. Petites voix aigües. Ça crie que ça veut déjeuner. Du moins, c’est l’impression que j’en ai. Ça court et ça envahit mon espace.
D’un coup.
Bisous, câlins.
« Lève-toi maman!!!!!!! »
Oui…oui…
Je me traîne. Je regarde de loin mon amoureux gérer la situation. Je regarde mes fils qui, assis exactement de la même façon devant la télévision, sont concentrés sur leur émission préférée du matin. Et je me souviens de cette insouciance.
Mon regard se tourne vers le petit bout de femme qui, à sa façon, gère elle aussi son petit quotidien. Elle promène sa poupée d’une main et deux livres de l’autre, espérant un petit moment de répit de maman ou papa pour « raconter ».
Et je me souviens de cette légèreté.
L’étau se resserre, le tourbillon s’accentue. Dernier droit avant de quitter pour une autre journée.
Ce matin, les rayons du soleil qui se faufilent par la fenêtre de la cuisine baignent le portrait de mon bonheur. C’est une scène magnifique. Il y a mon grand qui se tient dans le cadre de la porte, déjà prêt, boîte à lunch à la main, remplie de fière autonomie. Il y a mon petit coquin, qui tente le coup. Autant pour les bottes d’hiver encombrantes que pour la fermeture éclair de son manteau. Il y a ma toute petite, qui se dit « cap’ » toute seule et qui n’en a rien à foutre du temps qui passe. Et il y a mon homme, qui, sans s’en rendre compte, a joué son rôle de papa à la perfection en félicitant mon grand d’être déjà prêt. En encourageant mon petit coquin et ma toute petite pour les efforts accomplis.
Dernier câlin, dernier bisou.
« Bonne journée maman!!!!! »
Mon bonheur s’engouffre dans le froid matin de novembre. Je reste là, immobile, à ressentir les dernières vibrations de cet autre matin effréné. Et je réalise. Je réalise la chance que j’Ai. Je réalise que c’est grâce à eux que je pourrai commencer ma journée et la terminer. Que c’est grâce à eux si je peux avancer.